10 Mars 2008: Déclaration du Comité Permanent pour un parti ouvrier indépendant

14 et 15 juin 2008 – Paris

CONGRES CONSTITUTIF DU PARTI OUVRIER INDEPENDANT

10 mars 2008

Déclaration du comité permanent pour un parti ouvrier indépendant

IL ne fait aucun doute que la signification du vote exprimé au premier tour des élections municipales et cantonales du 9 mars traduit un profond rejet de l’action du président de la République et de son gouvernement.
Que ce soit par le vote contre les candidats de l’UMP et du Nouveau Centre ou par l’abstention, s’est exprimé un rejet, sans appel, de la politique mise en oeuvre par le gouvernement Sarkozy-Fillon, politique dictée par l’Union européenne et les fonds de pension nord-américains.
Pour nous, qui, dès la convention des 24 et 25 novembre, avons constitué le comité national pour un parti ouvrierindépendant, les choses sont claires :
Le 9 mars, le peuple a dit :
— Non à la destruction d’Arcelor et de l’industrie !
— Non à la délocalisation des 2 000 emplois d’Airbus de France vers les Etats-Unis !
— Non aux délocalisations et aux fermetures d’usines !
— Non au chômage et à la misère, non au blocage des salaires et des pensions !

Le peuple a dit : oui aux nécessaires renationalisations des secteurs clés de l’industrie et des banques, oui au retour au service public de tous les services privatisés.

Le 9 mars, le peuple a dit : non à la destruction des services publics, à la privatisation de La Poste, de la SNCF, aux démantèlements des administrations centrales de l’Etat !

Le 9 mars, le peuple a dit non à la liquidation de la Sécurité sociale et des retraites par répartition, aux fermetures de maternités et d’hôpitaux, à l’abrogation du Code du travail, à la disparition des statuts et des conventions collectives gagnés par les luttes de nos parents et de nos grands-parents, non à la précarité.

Le 9 mars, le peuple a dit non au blocage des salaires et des revenus imposé par Bruxelles, non à la privatisation- destruction des offices publics de HLM.

Le 9 mars, le peuple, par son vote massif, a dit : non au rapport Attali, non à la régionalisation, qui font éclater la République !

Le 9 mars, le peuple a dit : non à la désertification rurale dictée par l’Union européenne !

Le 9 mars, le peuple, par son vote massif, a dit : non aux tentatives d’intégration des organisations syndicales en courroies de transmission des directives européennes ! Ne touchez pas à l’indépendance des syndicats ! Défense des lois de 1884 sur les syndicats et de 1905 sur la laïcité de l’école et de l’Etat !
Oui aux 36 000 communes, défense des départements, institutions de la République une, indivisible et laïque, que l’Union européenne voudrait liquider. Oui à la démocratie politique !

En un mot, le 9 mars, le peuple a dit : face à la faillite du régime, une autre politique est nécessaire et d’autres institutions doivent remplacer celles, faillies, de la Ve République et de l’Union européenne !

C’est un cri d’alarme ! C’est un appel d’urgence !

Bénéficiaires du vote populaire, comment les dirigeants des « partis de gauche » répondent-ils ?

Ce 9 mars au soir, Ségolène Royal s’est prononcée pour des alliances « partout »avec le Modem de François Bayrou. Lequel Bayrou se prononce pour une alliance avecl’UMP à Pau, et avec le PS à Paris ! François Hollande s’est déclaré d’accord avec Ségolène Royal sur la recherche d’un tel « rassemblement », mais « ça ne peut se faire que ville par ville ». Dirigeant du PS et ancien Premier ministre, Pierre Mauroy estime que ce vote sanctionne « le président de la République (…), incapable de tenir ses engagements». Formule reprise par Martine Aubry ! Qui peut comprendre ? Il faudrait « exiger » de Sarkozy qu’il « tienne ses promesses » ? Mais Sarkozy et Fillon tiennent leurs promesses : dans tous les domaines, ils appliquent les plans anti-ouvriers, antidémocratiques, antirépublicains dictés par l’Union européenne !

Qui peut comprendre ?

Répétons-le : le vote du 9 mars exprime une exigence de rupture.

On ne peut pas répondre à cette exigence en apportant à la politique de l’Union européenne et du gouvernement Sarkozy-Fillon un soutien que les électeurs leur ont refusé. On ne peut pas répondre à cette exigence en organisant les « euro-régions » disloquant la République, comme vient de la faire le dirigeant du PS Michel Vauzelle avec son eurorégion « Alpes-Méditerranée » englobant deux régions françaises et trois régions italiennes, ou en se revendiquant de « la France des territoires »,comme l’a déclaré François Hollande dimanche soir!

Le 9 mars, le peuple a dit : rupture avec cette politique, rupture avec l’Union européenne !
Le 9 mars, s’appuyant sur les déclarations des uns et des autres, le Premier ministre, François Fillon, a affirmé que son gouvernement « tiendra le cap des réformes ». Des réformes ? Tous les travailleurs savent qu’il s’agit de contre-réformes qui les menacent dans tous les domaines, des retraites à la représentativité syndicale, du démantèlement de l’Education nationale aux privatisations en cours. Le sommet européen convoqué les 13 et 14 mars se verra
soumettre deux documents à adopter :
a) un rapport sur la protection sociale qui préconise le développement des fonds de pension spéculatifs et les « soins informels »pour les personnes âgées ;
b) un rapport sur l’emploi qui, concernant la France, recommande de « poursuivre l’assainissement budgétaire », avec une insistance particulière sur « les collectivités locales et la Sécurité sociale », de remettre en cause les formes actuelles du contrat de travail, de démanteler les organismes de recherche, etc.

Est-il possible que cela continue ?

L’exigence du 9 mars doit être entendue. Elle sera entendue. La démocratie finira par s’imposer : rupture avec l’Union européenne !

Nous le constatons : dans ces élections municipales, des pas importants ont été réalisés dans le sens de l’unité des rangs ouvriers et populaires, sur les bases de plates-formes de rupture avec l’Union européenne. Les résultats enregistrés par les listes soutenues par les comités pour un parti ouvrier indépendant ou constitués à son initiative sont significatifs (voir les résultats en annexe).
Répétons-le, ce 9 mars, le peuple a dit : « Assez ! C’est assez ! Il faut en finir avec cette politique ! »C’est l’exigence des opprimés, des exploités, de l’immense majorité de la population. C’est l’exigence qui s’est exprimée depuis plusieurs mois sur le terrain de la lutte de classe directe, des exploités dressant la grève et la manifestation contre les coups meurtriers de la classe capitaliste et du gouvernement. Dans les jours mêmes qui ont précédé les élections municipales, cela s’est exprimé particulièrement dans l’unité avec les organisations, dans les grèves et manifestations des enseignants et des parents, ainsi que dans l’Equipement, sans parler des retraités. Répondre à cette exigence, c’est, dans le respect des prérogatives et de l’indépendance des organisations syndicales, combattre pour aider à forger l’unité sur les revendications. Répondre à cette exigence, c’est ouvrir la voie de la démocratie. Les institutions au service de la classe dominante ont fait faillite. C’est au peuple de décider comment et par quoi les remplacer.

Seule une Assemblée constituante souveraine, rassemblant les délégués du peuple, aura les moyens de définir les contours d’une véritable démocratie.

Seule une Assemblée constituante pourra décider de briser le carcan de l’Union européenne, qui promet à tous les peuples le même sombre avenir : chômage, misère, précarité, guerre et dislocation, ou même Etats artificiels comme le Kosovo…

Seule une Assemblée constituante pourra jeter les bases d’une véritable union libre des peuples et des nations libres de toute l’Europe, à laquelle ont appelé des délégués de 19 pays, réunis dans une conférence ouvrière européenne les 2 et 3 février 2008 à Paris.
— Pour l’Assemblée constituante souveraine ;
— Pour la rupture avec l’Union européenne ;
— Pour un plan d’urgence répondant aux besoins vitaux de la population.

Un parti est nécessaire, un parti ouvrier, un parti de lutte de classe qui ne craigne pas de se situer d’un côté et d’un seul de la frontière entre les classes sociales.
Un parti indépendant des patrons, du gouvernement et de l’Union européenne.
Un parti internationaliste.
Un parti pour la démocratie.

Ce parti, nous sommes plus de 8 000, venus de tous les secteurs du mouvement ouvrier, élus, à nous être engagés dans sa construction. Une première convention nationale s’est tenue les 24 et 25 novembre 2007. Sur la base de cette convention, les comités qui se sont constitués dans tout le pays ont présenté ou soutenu des listes pour les élections municipales dans plus de 200 communes. Plus de 6 000 candidats ont accepté de figurer sur ces listes. Le congrès de fondation aura lieu les 14 et 15 juin à Paris.
Rejoignez-nous !

Paris, le 10 mars 2008

POUR TOUT CONTACT : Comité permanent : 01 44 83 99 60 • Daniel Gluckstein, 87, rue du Faubourg-Saint-Denis 75010 Paris
• Gérard Schivardi, 9 route de Pouzols 11120 Mailhac • E-mail :
copo2008@orange.fr • Site internet www.conventionouvriereetsocialiste.com
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :